Deuxième jour à Antioquia : rencontre de Marina Saenz

L’entreprise de Marina a commencé dans sa propre maison il y a 10 ans. Elle a elle-même entrepris ce business qu’elle tient avec sa famille, notamment avec sa fille qui l’aide dans la vente de ses produits. Marina a d’abord commencé à produire du cidre, mais celui-ci ne pouvait être produit qu’à un certain moment de l’année. C’est pourquoi elle a alors développé davantage son activité en produisant par ailleurs des marmelades, des jus, du vinaigre ou encore des pâtes de fruits.

Les bons produits de Marina que nous avons goutés!

Les bons produits de Marina que nous avons goutés!

La naissance de ce genre d’entreprise n’est pas toujours évidente, ces femmes rencontrent en effet souvent quelques difficultés. L’une des plus contraignantes fut le choc de mentalité avec leurs maris ; ceux-ci de la « Vieille école » ne comprenaient pas pourquoi les femmes voulaient avoir leur propre activité. La mentalité n’a donc globalement pas changé par rapport à ce nouveau statut des femmes.

Un autre problème rencontré fut le manque d’expérience et de compétence dans ce milieu de production. Elles ont en effet dû tout apprendre depuis le début, malgré un cours assez rudimentaire reçu durant leur cursus scolaire. Leur formation et leur développement a donc essentiellement été fait grâce à l’aide des organisations. Celles-ci offrent principalement un support technique et infrastructurel (machines et lieux de production) plutôt que réellement financier. Marina nous a également beaucoup parlé de l’aide qu’a apporté Edouardo, un des ingénieurs de la CGDD, qui a surtout travaillé sur l’empowerment (l’émancipation et l’indépendance) de ces femmes.

Marina a dû quitter bon nombre d’organisations regroupant plusieurs micros-entreprises, dû au manque de confiance au sein de ces organisations. Elle les suspectait en effet de vols sur les productions afin de pouvoir revendre la marchandise à leur propre compte … Au lieu d’avoir une organisation unie, chacun travaillait alors pour soi et n’y voyait que son propre bénéfice. C’est en cela que Juan Sanchez a entre autre beaucoup contribué : la CGDD a aidé l’entreprise de Marina (et celle de bien d’autres personnes) à devenir beaucoup plus formelle et mieux organisée. Cela l’a menée à obtenir la formalisation de son entreprise par l’Etat, lui permettant de vendre officiellement ses produits. Elle était d’ailleurs fière de nous montrer son certificat !

Depuis l’obtention de ce papier, le prochain objectif pour son entreprise est la « Mistura », dont nous vous avons parlé dans l’article précédent. Un autre but que Marina voudrait atteindre est une valeur ajoutée de meilleure qualité pour ses produits, ce qui lui permettrait de les vendre sur d’autres marchés et à d’autres publics cibles. Cet objectif est pourtant plus difficilement réalisable car les marchés exigent des fruits parfaits, sans coups, sans tâches et d’une forme attrayante, qui nécessitent plus d’investissement, autant au niveau financier que technique. Il est évident que produire de si beaux fruits sans l’utilisation de pesticides relève de l’impossible… Les exigences de ce type de marché la contraignent alors à l’utilisation de produits chimiques dont elle ne veut absolument pas pour la production de ces fruits d’origine bio. Marina nous a alors confié que ses fins de mois sont souvent plutôt rudes, nécessitant des prêts d’argent afin de maintenir le niveau de qualité de ses produits pour enfin continuer à les vendre…

La générosité de Marina ainsi que son côté naturellement humain nous ont particulièrement marqués : « Mi casa es tu casa ! » nous a-t-elle dit avec un grand sourire. Elle nous a accueilli à bras ouverts en nous remerciant de notre présence et de notre intérêt pour son travail. Elle nous a simplement et directement parlé d’elle et de sa famille, tout en nous faisant visiter son lieu de travail et ses champs. Marina nous a présenté tous ses produits en nous les faisant goûter un par un. Nous avons donc été vraiment touchées par cet accueil dans son intimité, et ce malgré la barrière linguistique que nous appréhendions ! Le contact chaleureux et humain ne connait donc apparemment pas de limites…

Anecdotes du jour :
– Les chiens font partie intégrante de la société, surtout dans de petits villages comme Antioquia et Cochahuayco ! Ils n’appartiennent pas à une personne en particulier, mais tout le monde en prend soin, tout naturellement. Un de ces chiens nous a d’ailleurs accompagné durant toute notre journée, jusqu’à ce qu’on soit obligées de s’en séparer pour aller dormir…

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– Nous avons remarqué que les télé-réalités (extrêmement dramatiques) font partie de leur culture populaire, et sont ici très appréciées. Pendant le déjeuner, ils étaient en effet tous braqués sur le poste de télévision !

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