Cusco !

Notre petite halte à Cusco est malheureusement finie. Nous sommes restées  quatre jours dans cette ville très touristique mais aussi beaucoup plus typique que Lima. C’est pourquoi nous l’avons particulièrement appréciée : l’ambiance y est en effet généralement plus conviviale et moins stressante que celle de Lima, où les klaxons fusent de partout.

Lors de notre premier jour, comme nous vous l’avons annoncé, nous avons pu découvrir quelques sites archéologiques à cheval, dont notamment le “Templo de la Luna”. L’une de ces grottes était principalement consacrée aux sacrifices de lama, afin de remercier Pacha Mama (la Terre Mère). Tout un processus était donc mis en place : le sang était écoulé dans un trou aménagé dans la terre en guise d’offrande. Cette grotte a d’ailleurs acquis avec le temps diverses qualités : les femmes s’y rendaient notamment pour ses vertus de fertilité. Certains adeptes d’ésotérisme s’y rendent d’ailleurs encore aujourd’hui, dont des chamans, pour y pratiquer d’anciens rituels liés à la puissance féminine, notamment à l’aide de feuilles de coca, ayant une valeur sacrée dans cette culture.

Le Temple de la Lune

Le Temple de la Lune

Le deuxième site sur notre itinéraire fut le “Saqsayhuaman” signifiant “faucon satisfait” en Quechua. Le site est situé à 3700 mètres d’altitude dans les faubourgs nords de Cusco. Celui-ci est beaucoup plus connu par les étrangers sous le nom de “Sexy Woman”, vu la ressemblance phonétique (ce qui assez amusant, voire déroutant si on l’entend pour la premiere fois…) Ce site était principalement construit sur trois niveaux, comme beaucoup d’autres constructions d’époque, qui sont particulièrement représentatifs du monde religieux andin.

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Sexy Woman !

  • Le premier étage représentait celui du Serpent, qui est généralement le symbole d’une renaissance, d’une nouvelle vie. En effet, le serpent sort toujours de la terre, et selon les Andins, la vie y commence également. D’autres cultures pensent également que le serpent représente la connaissance.
  • Le deuxième est celui du Puma, symbole de la force et du pouvoir de la Terre. D’ailleurs, Cusco a été conçu suivant la forme d’un puma, dont le site de Saqsayhuaman en est la tête.
  • Le dernier est donc celui du Condor, considéré par les Incas comme l’oiseau le plus sacré ! Il était en effet le supposé messager entre la Terre et le Ciel, et était donc chargé de transporter les âmes des défunts sur ses ailes.

Ces symboles incas se retrouvent un peu partout dans cette culture, dans l’architecture évidemment, mais également dans l’art et l’artisanat. La “Chakana” (croix andine) en est un excellent exemple. On y retrouve donc les trois niveaux typiques, symbole cosmologique très particulier. Le Chakana n’est donc pas simplement un motif géométrique, mais représente les liens très étroits qui unissent le ciel et la terre.

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Croix andine

Notre deuxième et troisième jour passé sur Cusco a ensuite été entièrement consacré à la visite de la Vallée Sacrée. Nous avons pu y contempler de magnifiques vestiges incas, ainsi que des paysages à couper le souffle. Malheureusement, il ne s’agissait plus que de ruines, tout ayant été détruit par les conquistadors espagnols lors du 16e siècle. L’une des raisons d’une telle violence était évidemment la soif de terres, de pouvoir et d’argent, mais également le fait qu’ils considéraient la religion des Incas comme totalement illégitime. Ils voulaient donc la remplacer par la leur, le catholicisme. Ils s’acharnèrent systématiquement à détruire tous les symboles liés à cette culture, et donc de fait la plupart des édifices andins… Les Espagnols n’avaient en effet jamais connu de constructions d’une telle grandeur (Saqsayhuaman est entre autre considéré comme l’un des meilleurs exemples de réalisation humaine sur terre !) Ils ne pouvaient donc croire qu’il s’agissait de l’oeuvre humaine, cela ne pouvait etre créé que par des démons ou des êtres malins.

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Le site de Pisaq

A l’issue de ces quatre jours, nous pouvons donc dire que toutes ces expériences furent largement enrichissantes, autant au niveau humain que culturel. Mais au final, nous avons perdu pas mal de temps dans le bus à voyager entre les différents sites… Certains, notamment le site de Pisaq (l’un des sites les plus importants de la Vallée Sacrée) nécessitent en effet plus de trois jours afin d’en faire le tour ! Et malheureusement, nous ne disposions que d’une heure pour satisfaire notre curiosité plus qu’attisée… Au final, c’est assez logique quand on visite autant de sites en une journée, mais nous sommes réellement heureuses d’avoir pu voir toutes ces merveilles. Pourtant nous nous sentons un peu frustrée de savoir qu’il reste encore tant de choses à explorer…

Anecdotes :

  • Sur le site de Saqsayhuaman, nous avons pu découvrir les joies du toboggan naturel créé par les roches environnantes, devant les yeux moqueurs des Péruviens locaux…
Youhou !

Youhou !

  • Comme si vingt heures de car n’étaient pas assez, des travaux sur la route nous ont bloqué pendant quatre heures de suite en plein milieu de la soirée… Ils ne connaissent apparemment pas les feux de circulation de travaux, préférant bloquer la route dans les deux sens pendant plusieurs heures ! De plus, lors de l’arrêt du bus, l’air conditionné s’était également éteint, nous faisant nous réveiller en nage, ainsi que nos chers voisins qui partageaient allègrement leur odeur naturelle… Et cerise sur le gâteau : un joli petit cheveu nous a ravi de sa présense dans notre repas du soir (servi à 17h, au fait).
  • Au départ, nous étions assez tristes de quitter The Point, l’auberge de Lima, que nous considérions déjà comme notre “maison de substitution”… Mais au final, Cusco nous a très agréablement surprises, et nous y avons trouvé une nouvelle famille à Kokopelli ! En effet, dès le premier soir, nous y avons été accueillies à bras ouverts. Nous y avons rencontré un tas de personnes vraiment attachantes, avec qui nous aurions très volontiers prolongé notre voyage si nos obligations scolaires ne nous retenaient pas… Chacun d’entre eux nous ont fait découvrir une toute nouvelle façon de vivre, parfois un peu utopique, mais c’était néanmoins beau de pouvoir partager avec eux une partie de leur aventure…
Kokopelli, à 7h du matin...

Kokopelli, à 7h du matin… En route pour la Vallée Sacrée !

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VOCES POR EL CLIMA

Ce mardi 9 décembre nous avons eu la chance d’assister à la 20ème édition de la COP, signifiant « Conference of the parties ». Il s’agit d’un évènement international se déroulant chaque année dans une ville différente et reprenant diverses conférences, toutes basées sur la recherche de solutions durables au changement climatique (Lima est tout de même une ville très polluée ). La prochaine édition aura lieu dans un an à Paris. La COP est donc un évènement majeur, et divers professionnels du monde entier participent à ces conférences afin d’exposer leurs projets et solutions. Nous avons d’ailleurs pu rencontrer l’un de ces conférenciers afin d’approfondir un peu plus le débat.

Il y avait également autour de ces divers auditoires, des expositions de photographie et d’art ainsi que des marchés artisanaux. La conférence à laquelle nous avons assistée s’intitulait « Dialogos Sur Sur », et était principalement basée sur la question de la gestion l’eau. Il est important de se replacer en contexte : lorsque l’on parle d’eau, on ne parle pas seulement d’eau dans un verre à proprement parler, mais aussi de l’eau dans sa généralité, en tant que potentiel consommable et source énergétique. La conférence était organisée par l’organisation « Global Water Partnership » qui invitait quatre de ses représentants venant d’Amérique centrale, d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Afrique, chacun expliquant le projet dans son pays respectif.

Conférence

Il est pour GWP réellement vital de trouver un accord commun entre tous ces pays sur cette question de gestion de l’eau. Il est selon eux nécessaire de construire une coopération transdisciplinaire, autant au niveau administratif que sur le travail de terrain. La transmission de l’information est donc primordiale, de sorte que les communautés et les politiciens (de municipalités locales mais aussi des gouvernements) puissent intégrer cette problématique dans leurs projets futurs. L’eau est donc envisagée comme un facteur clé dans le développement économique et social des régions et des populations concernées. En effet, elle est entre autre utilisée pour l’agriculture, le tourisme, la protection de l’écosystème, la santé etc.

Nous avons remarqué qu’à Antioquia, un grand système d’irrigation a été mis en place afin de récolter un maximum d’eau (développé notamment grâce à l’aide du CGDD). Ce système est donc primordial pour leur production dans cette région où il ne pleut quasi jamais… Pourtant, nous avons eu l’impression que les habitants de ces villages n’ont pas été assez sensibilisés par la valeur de l’eau. De fait, avant de lancer de grands projets internationaux, une utilisation intelligente et responsable de l’eau passe premièrement par de simples petits gestes au quotidien.

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Sinon, après 22h de bus, nous sommes enfin arrivées à Cusco ! Cette ville est située à 3400 m d’altitude, et nous pouvons très clairement le sentir physiquement… La pesanteur nous semble plus forte, la respiration est plus difficile et les maux de tête sont courant. Cusco était le site de la capitale historique de l’empire Inca, et a été déclaré patrimoine de l’UNESCO en 1983. La ville est entourée de sites archéologiques incas importants, et est donc très touristique, avec plus de deux millions de visiteurs par an ! Aujourd’hui, nous avons déjà pu avoir un petit aperçu du terrain, notamment un tour du centre afin de nous créer des repères. Demain, nous partirons à la découverte de ces sites… à cheval !

Anecdotes du jour :

  • Aujourd’hui, nous avons assisté à la première pluie depuis notre arrivée au Pérou ! Elles sont souvent brèves, mais intenses… Mais ne vous inquiétez pas pour nous, nous serons quand même bronzées à notre retour !
  • Malgré le confort du bus, pas évident de trouver le sommeil, quand on sait que 75% du trajet se faisait dans des tournants très serrés…

Deuxième jour à Antioquia : rencontre de Marina Saenz

L’entreprise de Marina a commencé dans sa propre maison il y a 10 ans. Elle a elle-même entrepris ce business qu’elle tient avec sa famille, notamment avec sa fille qui l’aide dans la vente de ses produits. Marina a d’abord commencé à produire du cidre, mais celui-ci ne pouvait être produit qu’à un certain moment de l’année. C’est pourquoi elle a alors développé davantage son activité en produisant par ailleurs des marmelades, des jus, du vinaigre ou encore des pâtes de fruits.

Les bons produits de Marina que nous avons goutés!

Les bons produits de Marina que nous avons goutés!

La naissance de ce genre d’entreprise n’est pas toujours évidente, ces femmes rencontrent en effet souvent quelques difficultés. L’une des plus contraignantes fut le choc de mentalité avec leurs maris ; ceux-ci de la « Vieille école » ne comprenaient pas pourquoi les femmes voulaient avoir leur propre activité. La mentalité n’a donc globalement pas changé par rapport à ce nouveau statut des femmes.

Un autre problème rencontré fut le manque d’expérience et de compétence dans ce milieu de production. Elles ont en effet dû tout apprendre depuis le début, malgré un cours assez rudimentaire reçu durant leur cursus scolaire. Leur formation et leur développement a donc essentiellement été fait grâce à l’aide des organisations. Celles-ci offrent principalement un support technique et infrastructurel (machines et lieux de production) plutôt que réellement financier. Marina nous a également beaucoup parlé de l’aide qu’a apporté Edouardo, un des ingénieurs de la CGDD, qui a surtout travaillé sur l’empowerment (l’émancipation et l’indépendance) de ces femmes.

Marina a dû quitter bon nombre d’organisations regroupant plusieurs micros-entreprises, dû au manque de confiance au sein de ces organisations. Elle les suspectait en effet de vols sur les productions afin de pouvoir revendre la marchandise à leur propre compte … Au lieu d’avoir une organisation unie, chacun travaillait alors pour soi et n’y voyait que son propre bénéfice. C’est en cela que Juan Sanchez a entre autre beaucoup contribué : la CGDD a aidé l’entreprise de Marina (et celle de bien d’autres personnes) à devenir beaucoup plus formelle et mieux organisée. Cela l’a menée à obtenir la formalisation de son entreprise par l’Etat, lui permettant de vendre officiellement ses produits. Elle était d’ailleurs fière de nous montrer son certificat !

Depuis l’obtention de ce papier, le prochain objectif pour son entreprise est la « Mistura », dont nous vous avons parlé dans l’article précédent. Un autre but que Marina voudrait atteindre est une valeur ajoutée de meilleure qualité pour ses produits, ce qui lui permettrait de les vendre sur d’autres marchés et à d’autres publics cibles. Cet objectif est pourtant plus difficilement réalisable car les marchés exigent des fruits parfaits, sans coups, sans tâches et d’une forme attrayante, qui nécessitent plus d’investissement, autant au niveau financier que technique. Il est évident que produire de si beaux fruits sans l’utilisation de pesticides relève de l’impossible… Les exigences de ce type de marché la contraignent alors à l’utilisation de produits chimiques dont elle ne veut absolument pas pour la production de ces fruits d’origine bio. Marina nous a alors confié que ses fins de mois sont souvent plutôt rudes, nécessitant des prêts d’argent afin de maintenir le niveau de qualité de ses produits pour enfin continuer à les vendre…

La générosité de Marina ainsi que son côté naturellement humain nous ont particulièrement marqués : « Mi casa es tu casa ! » nous a-t-elle dit avec un grand sourire. Elle nous a accueilli à bras ouverts en nous remerciant de notre présence et de notre intérêt pour son travail. Elle nous a simplement et directement parlé d’elle et de sa famille, tout en nous faisant visiter son lieu de travail et ses champs. Marina nous a présenté tous ses produits en nous les faisant goûter un par un. Nous avons donc été vraiment touchées par cet accueil dans son intimité, et ce malgré la barrière linguistique que nous appréhendions ! Le contact chaleureux et humain ne connait donc apparemment pas de limites…

Anecdotes du jour :
– Les chiens font partie intégrante de la société, surtout dans de petits villages comme Antioquia et Cochahuayco ! Ils n’appartiennent pas à une personne en particulier, mais tout le monde en prend soin, tout naturellement. Un de ces chiens nous a d’ailleurs accompagné durant toute notre journée, jusqu’à ce qu’on soit obligées de s’en séparer pour aller dormir…

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– Nous avons remarqué que les télé-réalités (extrêmement dramatiques) font partie de leur culture populaire, et sont ici très appréciées. Pendant le déjeuner, ils étaient en effet tous braqués sur le poste de télévision !

Premier jour à Antioquia, premier contact avec les micro entreprises

Nous voila enfin arrivées dans ce charmant petit village hors du temps : Antioquia !

Ce village fut autrefois considéré comme réellement triste et pauvre. Mais il s’agit néanmois de la capitale du district, située dans la vallée de Lurin. C’est pourquoi les municipalités et les habitants locaux décidèrent d’un commun accord de redonner vie à ce village : des étudiants d’une école d’art catholique vinrent en six mois peindre l’entièreté des murs ! La raison principale de ce changement radical fut la volonté de donner un côté un peu plus “touristique” à cette ville, tout en donnant l’opportunité aux villageois de profiter d’un cadre de vie plus agréable.

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Notre travail de terrain s’est pourtant principalement réalisé dans le village voisin, à Cochahuyaco. En effet, bon nombre de ces micro-entreprises se sont installées dans ce village, et viennent entre autre vendre leurs produits dans la capitale ! Un des nombreux objectifs de ces micro-entreprises est de pouvoir participer et donc vendre à la Mistura, une des plus grandes foires gastronomiques d´Amerique Latine. C’est donc l’occasion pour tous les restaurateurs et les producteurs locaux de se réunir pour vendre leurs produits. Cette foire a débuté en 2008 et est organisée chaque année à Lima par la société péruvienne de gastronomie. Au départ organisée pour faire connaitre les petits producteurs, à un prix tres démocratique, elle est maintenant devenue fort prisée et fréquentée, avec des prix en conséquence plus élevés…

Dès le premier  jour, nous avons eu l’occasion de rencontrer trois micro-entreprises assez différentes. La première, celle de Juvita Mendita était la plus développée en terme d’infrastructures: diverses ONG et organisations de coopération lui ont en effet procuré une aide principalement  technique, lui permettant d’obtenir un local assez grand et près de son lieu d’habitation afin de développer son entreprise, mais également différentes machines afin de laver, découper, cuire et faire bouillir les fruits.

Mais entendons-nous bien : par capitale, il faut comprendre que nous parlons à tres petite échelle, ce village ne comporte pas plus de 400 habitants… Il n’y a donc pas de réseau mobile, encore moins de wi-fi, et nous étions heureuse d’avoir de l’eau lorsqu’il y en avait ! Étant donné ces circonstances, les gens n’ont d’autres choix que de nouer des liens sociaux forts. Nous avons pu le constater notamment lors du jour des élections, qui s’est déroulé lors de notre premier jour. Tous les habitants s’étaient réunis sur la place afin de partager leurs opinions ainsi qu’un petit verre de pisco, tout cela dans une ambiance tres familiale. Cela peut également être considéré comme un problème dans ce village : les activités étant fort restreintes, la boisson devient alors une occupation à part entière…

Les campagnes élèctorales à Antioquia

Les campagnes élèctorales à Antioquia

D’ailleurs, vu la taille du village, nous avons été assez impressionnées par la présence de militaires ! On nous a en effet fait savoir par la suite qu’ils étaient vraiment nécessaires : la corruption est fort présente au Pérou, et Antioquia n’y échappe pas. Certains candidats vont jusqu’à faire venir des habitants de la capitale Lima pour espérer obtenir quelques votes supplémentaires ! La vie politique y a sur place une grande importance, les campagnes électorales se font donc autant sur papier placardés sur les murs que sur les roches des montagnes entre ces villages !

Rencontre avec Veronique Gerard et point culture

Bonjour à tous,

Hier nous avons eu l’opportunité de rencontrer Véronique Gerard, la chef de projet au sein de la « Coopération belge au développement ». Certains projets lui sont attribués, elle doit les suivre, partager sa réflexion avec eux et les superviser en général. Elle ne fait pas vraiment partie du projet en tant que tel, mais elle dispose d’un point de vue plus général sur ceux-ci. Elle doit également s’occuper des liens extérieurs avec les institutions locales et l’ambassade. Véronique est biologiste de formation et donc très attachée à l’environnement ; elle s’occupe d’ailleurs de nombreux projets liés à cette thématique.

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L’organisation s’occupe de deux secteurs prioritaires : la santé publique et l’environnement. La CTB est représentée au Pérou mais également en Bolivie et en Equateur. De nos jours, le Pérou a énormément évolué et est désormais classé comme étant un pays à hauts et moyens revenus. C’est pour cela que beaucoup d’organisations de coopération se sont retirées de ce pays, estimant que le Pérou peut désormais voler de ses propres ailes. Pourtant, la coopération belge a décidé d’encore développer des liens avec le Pérou en vue d’éventuels futurs projets.

Lors de ce qu’ils appellent des « commissions mixtes », la Belgique et le Pérou se réunissent pour discuter et négocier les programmes de coopération. Durant celles-ci, ensemble ils discutent du projet, du budget, des institutions et des objectifs impliqués, pour ensuite finaliser les plans du projet. Une fois le projet concrétisé, la Belgique passe le relais à la CTB qui en est le bras exécutif.

La CTB existe depuis 50 ans au Pérou mais a connu des hauts et des bas, notamment dans les années 90. En cause : le terrorisme et les guerres internes. Aujourd’hui encore la CTB connait quelques difficultés à cause de la crise économique. De fait la Belgique n’a plus autant de budget à consacrer pour les projets à l’étranger et confie alors moins de projets à l’organisation, ce qui implique une rentrée d’argent moindre. En fonction de l’enveloppe belge consacrée au développement à l’étranger, chaque projet reçoit un pourcentage qui varie en fonction de son importance, de sa durée de vie et des règlementations en vigueur.

Au niveau des micros-entreprises, la CTB n’a pu travailler que sur un seul projet en collaboration avec le ministère de la production afin de travailler sur la qualité de la production et leur promotion en général. Le projet vise à l’amélioration de la qualité et du design des produits, de l’hygiène, de la production, d’une bonne gestion… tout cela en vue d’une certification finale. Celle-ci leur permettra de jouir d’une plus grande crédibilité auprès de leur public et d’une meilleur visibilité.

La formation se fait entre autre à travers des petits fascicules reprenant l’information de manière vulgarisée et simplifiée (via de petits dessins, des pièces de théâtres, des jeux de rôles, des vidéos etc.) C’est ce qu’ils appellent la C4D : communication for development. La communication devient alors réellement un outil au service du développement, il ne s’agit donc plus de communiquer sur les résultats obtenus, mais bien de communiquer afin d’obtenir ces résultats.

 

Pour terminer notre journée, nous avons visité quelques musées. Le premier fut le MATE, musée national situé à Barranco, dédié au photographe Mario Testino. Ce dernier est un photographe péruvien essentiellement tourné vers la photographie de mode. Il a notamment travaillé pour les plus grands magazines de mode tels que Vogue ou Vanity Fair.

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Des photos de célébrités telles que Kate Moss, Gisele Bundchen ou encore Lady Di y étaient exposés. D’autre part, une salle était exclusivement dédiée aux coutumes vestimentaires des Péruviens, lui rappelant la mode de son pays natal. Nous avons entre autre été impressionnées par la qualité des photos ainsi que par la taille des formats, d’une grandeur impressionnante. Ce qui nous a le plus marqué était la proximité que Testino arrivait à établir entre lui et ses sujets, exprimée entre autre via les photos en elles-mêmes mais aussi par de nombreuses citations du photographe écrites sur les murs de l’exposition.

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Kate Moss par Mario Testino

 

Notre deuxième halte culturelle fut la visite du musée « Pedro de Osma », toujours dans le district de Barranco. Le musée était composé de 11 salles différentes réparties sur deux magnifiques bâtiments. Ce musée possède une des plus belles collections de peinture du Pérou dont certaines pièces datent du 16ème siècle. Des pièces et meubles antiques, de l’argent, des sculptures et des textiles faisaient aussi partie de l’exposition.

En début de soirée nous avons pu rencontrer notre traducteur (Gonzalo) qui fera route avec nous dans la vallée de Lurin. Nous avons réglé les derniers détails avant le départ autour d’un verre de Pisco, la boisson nationale au Pérou, qui se boit traditionnellement avec du citron vert et des blancs d’œufs.

Le départ pour Antioquia est prévu pour demain ! Nous ne sommes pas sûres d’avoir une connexion fiable sur place mais nous essaierons tout de même de poster des articles et de vous tenir au courant de notre avancée !

 

Première approche des micro-entreprises d ‘Antioquia

Nous avons eu un premier contact avec Juan Sanchez, le chef des projets de micro-entreprises dans la vallée de Lurin. De formation économique, Mr Sanchez fut entre autre membre du « Secretariat of the Latin American Consortium on Agroecology and Development ».

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Il travaille actuellement pour l’ONG Global Centre for Development and Democracy, plus précisément dans la branche du « développement territorial et génération d’emploi dans la vallée de Lurin ». L’organisation comporte d’autres sections proposant d’autres projets comme par exemple celui de l’inclusion digitale visant le développement de l’accessibilité à internet et donc à l’information.  Cette ONG a été créée par le président Alejandro Toledo qui était en fonction entre 2001 et 2006. Leur mission est de promouvoir  la démocratie et l’autosuffisance économique des pays en voie de développement en implémentant des solutions pratiques et durables, dans une optique de promotion  du bien-être des individus (spécialement des femmes).

Présentons maintenant Antioquia, la petite ville dans la vallée de Lurin dans laquelle nous allons réaliser notre projet. La vallée de Lurin est une région rurale et pauvre, se trouvant à plus ou moins deux heures de Lima et regroupant 10 districts dont Antioquia.  Ceux-ci se situent entre 1500 et 4000 mètres d’altitude. Cette vallée est traversée par une des trois rivières principales de Lima, d’où l’importance de l’activité agricole. Néanmoins, cette vallée rencontre de gros problèmes liés à l’approvisionnement d’eau. En effet, au Pérou, il ne pleut que deux mois par an et encore, en fonction de la région…  (dans cette vallée, ils ne connaissent que le printemps et l’été). Le climat péruvien comporte plus de 80% des microclimats du monde, principalement du côté ouest grâce au Pacifique, et du côté est grâce a l’Amazonie. C’est pour cela qu’ils ont la chance de pouvoir produire leurs  fruits et légumes tout au long de l’année.

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Il est bon à savoir que la production de ces micro-entreprises est principalement vouée à  une consommation locale plus qu’à une réelle exportation. Néanmoins un nouveau projet est en cours : l’ONG travaille en partenariat avec  les institutions locales afin d’établir un nouveau label qui leur permettrait d’exporter leurs produits à Lima (dans le but de varier un peu leur activité). Cependant ce nouveau projet est soumis à beaucoup de conditions, il faut en effet l’accord du ministre, du gouvernement, etc.

A travers ce projet supervisé par Juan Sanchez, l’ONG travaille sur place avec  les locaux sur deux niveaux différents :  le premier consiste en l’amélioration de la qualité des produits en général  (le gout, l’aspect, etc.);  le deuxième, lui, concerne la valeur ajoutée de ces produits (la production de jus, de confiture, etc.) La valeur ajoutée à  cette production passe principalement par les agro-industries, qui elles sont essentiellement dirigées par les femmes. En effet, les micro-entreprises directement liées à  l’agriculture nécessitent un travail plus « physique », c’est pour cela qu’elles sont généralement dirigées par des hommes. Les femmes quant à elles ont des capacités plus liées à des tâches telles que la production des produits finis (jus, confiture, etc.),  le commerce, la vente et le tourisme. En effet le tourisme rural se développe de plus en plus dans cette vallée. C’est la raison pour laquelle les micro-entreprises de femmes sont assez présentes, car elles ont cette facilite sociale propice au tourisme (ce n’est pas pour rien que nous sommes une majorité de filles en communication…)

L’optique générale de ce projet est donc de les instruire, de les former pour améliorer leurs capacités de production afin qu’ils puissent gérer au mieux leurs  propres  entreprises, de façon autonome et sur le long terme. Cette formation se fait sous forme d’accompagnements  sur le terrain avec des professionnels envoyés par l’organisation, comme par exemple des bio-ingénieurs ou autres. L’instruction est vraiment la clé de ce projet ! Ils visent en effet plus la transmission de savoirs et de techniques plutôt qu’un don financier dont ils ne sauraient au final pas trop quoi faire.

Après cette interview très enrichissante, autant au point de vue humain qu’informationnel,  nous sommes impatientes de descendre dans la vallee de Lurin, pour découvrir ce projet par nous-mêmes et d’aller à la rencontre de ces gens.

Merci pour votre lecture et à très bientôt!

Miras Flores !

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, nous avons eu l’occasion de découvrir une partie de Mira Flores (signifiant “regarde les fleurs”). Autrefois, il s’agissait d’un district résidentiel et balnéaire. Mais aujourd’hui, ce district est également devenu un centre économique et touristique névralgique de la capitale Lima. Mira Flores regroupe la majorité des ambassades, hôtels et casinos de Lima, et de nombreux parcs et espaces verts s’y retrouvent (probablement l’un des seuls endroits où on peut encore en trouver en si grand nombre…) ce qui explique et contribue sans doute à l’affluence de tant de touristes et à la richesse ostentatoire de cette ville.

Le marché Mercado 1, où la plupart des grands chefs viennent s’approvisionner de produits frais et locaux, faisait aussi partie de notre itinéraire. Il s’agissait d’un grand marché couvert mais assez désertique vu l’heure tardive de visite (les chefs venant évidemment tót le matin).IMG_1034

C’est un marché d’une superficie impressionnante et tout au long de notre visite, nous pouvions découvrir la fabuleuse variété de produits : couleurs et odeurs se mélangeaient pour notre plus grand plaisir. Enormément de fruits et de légumes totalement nouveaux pour nous, de couleurs et de formes insolites, y étaient exposés.

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Nous avons également eu l’opportunité de rencontrer Juan Sanchez pour un interview. Il est le chef du departement “Développement du territoire et génération d’emploi dans la vallée de Lurin” du Global center for development and democracy. C’est donc lui qui gère le projet des micro – entreprises que nous allons découvrir dans 3 jours… Il nous a touché par sa simplicité, sa générosité et son côté naturellement humain.

Hier soir, nous avons eu l’occasion d’assister à un concert gratuit de folk péruvienne, mettant en avant des artistes peu connus. Cet événement avait lieu à Barranco, montrant de nouveau le côté très artistique de ce quartier qu’ils essaient de promouvoir à chaque occasion.

Il est bon à savoir que la religion prend une place importante dans la vie des Péruviens, principalement le catholicisme. En effet, nous avons remarqué lors de nos premiers jours beaucoup d’effigies de la Vierge Marie dans la rue, les magasins, les auberges, mais également dans les petits marchés artisanaux, certains ne vendant que des statues et reproductions de figures religieuses. Comme dans beaucoup de pays pauvres, les gens sont fort pratiquants pour faire face plus facilement à leur vie plutôt précaire. La religion joue donc un rôle de cohésion sociale, permettant une solidarité plus que nécessaire entre les habitants.

Anecdote du jour :

– Ici, c’est Noël en été ! C’est donc un peu étrange de voir des décorations de Noël un peu partout dans les rues, alors qu’il fait 25 degrés… Les Péruviens célèbrent donc leurs fêtes de fin d’année durant leurs grandes vacances ! Pas évident le chocolat et le vin chaud par un temps pareil.

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Premier jour à Lima: découverte de Barranco

Nous voilà enfin arrivées à Lima, après tant d’heures de voyage!

Après un bon petit déjeuner typique, nous partons à la découverte de Barranco, un des quartiers les plus européanisés de Lima dans lequel nous séjournons pour une semaine.

En découvrant le quartier, nous nous sommes arretées dans un musée d’art contemporain, celui-ci s’agrandissant chaque année de plus en plus. En effet Barranco regorge de beaucoup d’artistes, ce qui offre la possibilité au musée d’accueillir tous les mois un artiste différent. Nous avons également été marquées par le nombre de fresques sur les murs, ce qui montre le coté artistique du quartier – celui-ci étant probablement le plus BoBo de Lima.

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Fresque

Nous avons appris que Barranco était un ancien village de pêcheurs, ce qui explique le nombre de commerces, marchés et restaurants ayant un grand choix de poissons différents. Pour une question de fraicheur, tous ces restaurants ferment avant le repas du soir afin de garder le poisson frais, celui ci étant pêché tous les matins.

Depuis 5-6 ans, le Pérou connait un boom économique grace à sa nourriture qui est devenue une attraction touristique. En effet, grand nombre de personnes viennent à Lima spécialement pour la nourriture, de grand chefs s’étant installés pour profiter de la variété et la qualité des produits locaux.

Nous sommes également tombées par hasard sur une petite Feria locale où nous avons appris que de plus en plus de jeunes développent leurs propres projets artisanaux. C’est en effet typique d’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs, et primordial pour une société en telle expansion économique.

Feria

Feria

Anecdotes du jour:

– Le sport national de Lima est de courir pour éviter que les voitures ne nous foncent dessus, en effet ils s’amusent a accélérer lorsque l’on traverse la rue!

– Les Européennes sont un choix de première qualité pour les Péruviens, jusqu’à manquer de briser les vitres du bus pour attirer notre attention! Mais à part cela, ils sont très charmants.

L’aventure commence!

Nous y voilà! Nous sommes à l’aéroport direction le Pérou!

Notre premier arrêt est New York après 9 heures de vol. Notre escale de 17h nous permettra de visiter un peu la ville!

Nous repartirons ensuite vers Atlanta pour prendre notre 3ème et dernier avion vers Lima!

Nous voila parties pour 43h de trajet. (Oui oui) Nous vous donnerons des nouvelles dès que possible !

Rendez-vous à Lima! ✈☀